Se faire un NON

Se faire un NON
Eloïse Deschemin
Se faire un NON n’est pas une pièce comique, et pourtant, on en
ressort le sourire aux lèvres, tant la pièce pour quatre interprètes
de l’angoumoisine Eloïse Deschemin réjouit. Pourquoi ?
Parce qu’elle génère plein de questionnements, apporte plein de
réponses – complètes ou non, pas toujours aux questions posées –
par le biais de compositions de corps, de gestes et d’objets aussi
référencées que facétieuses, comblant ainsi autant le cerveau que
les yeux.
Dans cette nouvelle pièce, sa troisième, Eloïse Deschemin veut
créer des univers, et s’y applique : ils sont dix, cent, mille peut
être, tant chaque élément est support à la rêverie. Tous sont d’un
féminin subtil et désinvolte qui se débarrasse des clichés qu’on lui
colle souvent sans nuance. À quoi cela tient il ?
Simplement à l’interprétation. Les danseuses font apparaître et
disparaître des tableaux éphémères, qui parlent politique,
sociologie, art, culture et pouvoir. Un imaginaire puissant, tous
azimuts, gourmand dans les images qu’il génère : femmes tribales,
femmes enfants, femmes fatales, animaux de la Fontaine,
personnages de contes, monstres, idoles et vulgaires, paresseuses,
joueuses, coureuses, spirituelles et déconneuses. Ici, pas
d’hommes, et ils ne manquent pas : ces femmes créent elles-
mêmes leurs sociétés, les rêves, l’être, l’émotion, et d’une plante
font une forêt, d’un totem démantelé un diorama, d’une danse
qu’on imite un message sur la communauté…
On craint parfois le trop d’accessoires. Eloïse Deschemin gère sa
scénographie : elle n’en prend aucun de superflu, tout semble
servir plus de fois qu’il est manipulé. D’un tableau à l’autre, il fait
encore écho. Devant l’intelligence de la progression, on s’inquiète
vite d’un final comme en voit trop ces derniers temps – un simple
noir au milieu de tout et de rien : que nenni, elle parvient encore à
faire sourire, à surprendre son spectateur, et à faire presque
regretter que ces mondes soient seulement imaginaires.

Charles A. Catherine
Ballroom N°18 – AVRIL JUIN 2018

WORK IN PROGRESS

Marc Nammour textes, poésie scandée 
Eloïse Deschemin chorégraphie, danse 
Silvia Di Rienzo danse 
Serge Teyssot-Gay guitare électrique 
Stéphane Edouard percussions

Invitée par Marc pour chorégraphier ce projet à l’équipe protéiforme, je termine cette création en prenant la mesure de la mutation qui s’est opérée. Heureuse que chacun d’entre nous ait eu envie de se déplacer dans ses habitudes, dans sa vision esthétique pour fabriquer ensemble, je ne sais le nommer, disons un concert chorégraphique qui allie narration, poésie, corps et voix, danse et musique, scénographie et bon nombre de strates de lectures de la plus intelligible à la plus émotionnelle.

 
Work In Progress est le titre de la troisième création imaginée par Marc Nammour dans le cadre de sa résidence à Royaumont (2016-2019). C’est la rencontre profondément imbriquée entre trois disciplines : la poésie, la danse et la musique. C’est une réflexion sur le travail, la place qu’il occupe, sa fonction, ses enjeux et ses conséquences sur l’individu. C’est un prétexte pour raconter le monde et parler de l’organisation de la vie dans nos sociétés modernes. C’est un miroir sur la condition de l’Homme dans ce tourbillon mondialisé. C’est un titre d’inspiration outre atlantique, en référence à l’anglicisme récurrent des nouvelles techniques de management à l’œuvre dans les entreprises.

Production : Fondation Royaumont. Coproduction : TNS. 
Avec le soutien de la Sacem. 
Avec le mécénat du Groupe ADP. 
Avec le soutien du Comité Henry Goüin, mécénat collectif d’entreprises.

CRÉATION

14 & 15 septembre 2019 Abbaye de Royaumont

19 décembre 2019 Les scènes du Jura,  Lons le Saunier

Tournée en cours

ROUTINE, 2019 – 20XX

 

ROUTINE est une démarche, une philosophie de travail, une interférence dans mes/nos habitudes de production. J’y interroge pratiques et transmission au regard de l’habitude.

Mince ! Deux fois le mot HABITUDE et déjà pas le même sens. À ce compte là, peut être qu’on n’entend pas la même chose par PRATIQUES et TRANSMISSION.

Dans la forme, avec ROUTINE j’investis des magasins éphémères à la géographie mobile, je fabrique des formes spectaculaires en imaginant leur extension visuelle et plastique, seule et en collaboration.

Dans le fond, ROUTINE est ce un projet de vie ?
Peut être bien !
C’est pour ça qu’il débute en 2019 et que je n’en connais pas la fin.

Si la danse est un travail d’expérience alors mon parcours de vie se tisse à mon parcours de pratiques.
Et si l’on pense la pratique en tant qu’expérience, ROUTINE va s’atteler à réactiver la pratique.

La pratique ça n’est pas seulement mon échauffement de danseuse, ma mise en route ne passe pas seulement par une mise en corps.
La pratique c’est tout ce qui fait rituel, tout ce je traverse dans un rapport d’habitude.
Penser peut être une pratique. Lire aussi. Écouter en boucle une chanson. Faire des blagues…

Pourquoi les pratiques ?
Les pratiques me mettent au travail.
Elles sont déjà le travail.
Elles sont une vision de l’espace, du temps, du rapport à l’autre, du groupe, de mon esthétique. Elles dessinent mon patrimoine gestuel et culturel.
Chaque objet chorégraphique est une création de pratiques qui s’est constitué dans une forme.

ROUTINE pointe aussi l’importance du rapport extérieur comme matériau, comme collaborateur, comme trace.

ROUTINE c’est mettre en visibilité un processus à l’œuvre.
C’est imaginer un chemin partageable et non une acmé fantastique
C’est revenir au plus près du réel, de la puissance du faire et avoir la foi en son partage au quotidien.

Pour cela, je pense le temps et l’espace et je crée de l’interférence dans le rapport traditionnel résidence création, dans la mise en représentation d’un objet, dans la rencontre avec le public.
Je deviens sujet, tout devient sujet.
Je glisse vers l’atelier de l’artisan pour appréhender la quotidienneté.
J’imagine un mouvement de pensée porté collectivement fait de collaboration, de troc, d’intimité partagé, de presque rien.

Pour que d’une démarche artistique apparaisse du commun, du partageable et non du consommable.

Eloïse Deschemin – mai 2019

FOCUS 1    STORIA A FUMETTI

STORIA A FUMETTI co-écrit avec Mathieu Heyraud est une des ROUTINES du projet.

Armés de notre regard d’anthropo-bricologues, Mathieu & moi décidons de parcourir la ville pour y tenter une cartographie chorégraphique dont nous serons les protagonistes. Cartographie qui prendra la forme d’un roman photo édité quotidiennement. Ah oui, notre point de chute pour l’exposition, édition, point de départ quotidien : un magasin abandonné. Réactiver sera le maître mot. Restons connectés, notre enseigne.

STORIA A FUMETTI  – Résidence à LA PRATIQUE

Mathieu & Eloïse partent deux semaines à la Pratique de Vatan. Ils amorcent leur réflexion autour du projet STORIA A FUMETTI et vous convient à y participer.

SOIRÉE « À TABLE »  – 31 Mai, 19H   –    https://www.facebook.com/events/530876261064742/

JOURNÉE « SUIVEZ NOUS » – 1er juin, de 7H du matin à 19H https://www.facebook.com/events/2076536955789061/